Au Pays Des Marins

article translated in English below 🙂

 

Et voilà, un petit récap tant attendu après déjà 40 jours passés dans le monde de la voile.

Par ou commencer ?

Il y a tant de choses à dire depuis que j’ai posé le pied, pour la première fois, à bord de cet unique voilier au doux nom de “Sourire”! Combien d’événements se sont succédés, de rires avons-nous partagés, de soirées sans fin se sont déroulées … les apprentissages de la voile, les connaissances, les découvertes … et j’en oublie, mais ne m’en voulez pas !!! Bien au contraire souriez car nous sommes sur “Sourire”.

26 Novembre 2018 – Las Palmas – Gran Canaria

Je termine mon séjour à l’Association Atlas en tant que volontaire Workaway. Les jours sont passés si vite, trop vite même. Un mois et demi de rencontres, d’amitiés et discussions inoubliables, de concerts, films engagés, bières sirotées sur la terrasse accompagnant le coucher du soleil, visites à travers l’île, sans oublier les nombreuses plongées dans l’océan et petits moment de détente sur la plage!

Je quitte mes ami(e)s en leur envoyant un « abrazo y un  Hasta Luego mi Familia, buen suerte a todos y nos vamos a traves del mundo ! Je suis à la fois triste de tourner cette page de ma vie et heureuse d’en ouvrir une nouvelle !

Je me revois encore, attendant sur la plage, avec mon gros sac de vagabonde de 17 kgs ( les livres, les amis, ça pèse!) ,Bob l’éponge et une poche remplie de bières bien fraîches pour me faire accepter par mes nouveaux camarades. Sur l’eau, un homme avec son annexe se dirige vers moi. Aucune garantie que ce soit le Capitaine Bernard et je n’ai pas de mouchoir blanc à agiter en guise de drapeau comme nous l’avions convenu par téléphone. Je relève mon popotin bien enfoncé dans le sable et avance vers lui en faisant un coucou de la main…tout en espérant ne pas me prendre un “vent” sinon je fais celle qui se recoiffe en faisant mine de rien. Tout en m’approchant, je remarque que cet homme avec sa barbe poivre et sel, ressemble bien aux photos postées sur Facebook ! Bingo !!! Enfin je fais connaissance de Capitaine Bernard avec qui j’étais en contact depuis 2 mois par téléphone .Des heures de “blabla” en visio pour apprendre à se connaître ! Après 10 minutes où nous sommes restés échoués sur le sable, essayant d’activer le mode pause du moteur ou plutôt comprendre que sans brancher la sécurité nous restons bloqués, nous partons vers “la maison flottante”, au mouillage près du port de Las Palmas, mon paquetage épongeant le fond de l’annexe.

4 matelots m’accueillent. Je ne comprends pas. Nous sommes bien de trop ! Qui est qui ? Les 2 matelots  prévus et 2 gars en plus? Serions-nous 6 pour faire la traversée ?? ils récupèrent le paquetage et nous aident à monter à bord sans faire plouf dans l’eau style la bombe à la piscine! L’échelle à l’arrière est d’aucune utilité .Pour monter, rien de plus simple ou presque…Annexe contre la coque, côté tribord ( côté droit pour les nuls), tu coinces le boudin d’air , tu t’accroches comme tu peux, tout en essayant de ne pas te prendre les pieds dans le filet de protection et faire un slam à l’arrivée. Et voilà, je suis debout, entière et vêtements secs : bienvenue à bord !!!

Je me sens toute timide et pourtant l’ambiance est décontractée ! Rien de tel qu’un bon repas de pâtes pour faire connaissance. Gérald et Matthieu seront donc mes 2 compagnons de voyages. Vianney et Coleman, quant à eux, sont 2 “poissons clowns” péchés en route depuis Lanzarote.

Le rire commence déjà à faire parti du quotidien. Je visite les lieux et observe autour de moi ! A 360 degrés, des bateaux de toutes les couleurs et de toutes les grandeurs forment le voisinage ! Et moi, au centre de l’arène ! Après 8 mois d’aventures suprêmes, à pied, en train, en bus,à vélo, à moto, me maintenant sur un voilier, prête à affronter les mers ! Un moment de joie m’emporte à ce moment là ! Tout est possible ! Je plane tout en écoutant mon ange et mon diable intérieur qui me demandent : «  Anne,dans quelle aventure t’embarques-tu à nouveau ? »

Une fois les papiers validés à la Marina, nous levons l’ancre pour nous amarrer au port. Le Capitaine est à la barre, les matelots sont devant avec les amarres à la main. Pour ces premières manoeuvres, je me sens complètement inutile. « Mais tout viendra à qui sait attendre ! ». J’observe, j’essaie de comprendre, j’apprends, je mémorise le plus de termes marins possible pendant ces quelques minutes. Auparavant, mon père m’avait pourtant envoyé tout la panoplie du langage de la voile pour les nuls ! Mais j’étais trop feignante pour essayer de mémoriser ces mots bien trop complexe pour moi, un charabia inimaginable qui ne restait dans mon cerveau que quelques heures. A cet instant , je me dis: «  tu aurais dû insister ma petite, là tu galères deux fois plus, et tu souris au capitaine en faisant oui-oui avec l’air de rien alors que tu coules dans ce vocabulaire !! »

Après cet amarrage tout en douceur, nous décidons de rester ici pendant une semaine. Chaque jour,ce sont des gueuletons de bons vivants avec la boisson qui coule à flot. A ne rien faire sur le bateau, je me sens plus fatiguée qu’auparavant ! Je sympathise très vite avec ce superbe équipage… Au port les petites vagues nous bercent tout doucement de gauche à droite et de droite à gauche, histoire de bien s’amariner et prendre connaissance de ce fameux “mal de terre”. En fait, celui-ci s’atténue petit à petit mais reste assez constant pour me faire perdre toute mon orientation à chaque passage à la douche, dans un endroit clos, ou lors d’une marche sur le sol ferme. Le mal de terre, c’est simple ! Ça ressemble au même phénomène que, lorsque tu es assez « bourrée », tu te persuades de voir la route de travers ou double, alors que celle-ci est bien unique et droite ! Je ne vous raconte pas les sensations ressenties après avoir sirotée une ou deux pintes de bière au port !!!

Une semaine bien drôle, où je prends mes marques jour après jour. Le mode intimité m’a été moindre tout au long de cette année 2018, et là , le Partage sur le voilier attint son paroxysme !

4-5-6-8 personnes à bord de ce superbe Feeling 1100 dont la longueur de coque est de 11 mètres, dont 31 mètres carré habitable. Ça me rappelle mes années de vie en camion. Un endroit restreint où l’organisation devient essentielle. Nous nous adaptons donc pour ne pas nous marcher dessus et menons une vie communautaire où l’entraide ne peut être que primordiale pour une entente réussie.

Moi, je dors dans le petit lit : une banquette de 2m de long avec une largeur pas plus grande que mes épaules ! Pas de dodo en étoile ! Je choisis le mode sur le ventre ou sur le dos avant de fermer les yeux. Heureusement la solidarité prime, avec Matthieu nous alternons. Il me laisse son petit lit 2 places, située de l’autre côté de la table, et qui est juste de quelques cm plus large que la mienne ! Je m’abstiens également du mode à poil ou petite tenue dans le sac de couchage! Avec 3 mâles célibataires, je m’attends au pire !!! (Rire). Pour les douches et les toilettes, les filles en me lisant votre sourire atteindra vos oreilles ! Et oui pour le moment, au port, j’ai le privilège des douches communes identiques à celle d’une salle de sport, où je rencontre beaucoup d’inconnues ! La pudeur est mise de côté  et pour le mode rasage jambes /maillot, je m’abstiens de tout commentaires !! Ne nous le cachons pas, le voyage «Economique» sac à dos est synonyme de débrouille à la Macgiver!

Comment va donc se passer la traversée avec ces « 3 petits lutins ? » parfois je me le demande. Pas d’inquiétude, mon côté masculin a vite repris le dessus ! La féminité à talon aiguilles, bijoux et maquillage je l’oublie pour le moment ! Et le troque contre une voix de camionneuse ! 😉

Into the Sailors’ World

And here is the wee resume that you have been waiting of the first 40 days spent at sea.

Where to start ?

There is so much to be said since I have set foot, for the first time, on this unique sailing boat with the sweet name of “Sourire”! How many events have followed, laugh that we have shared, nights without ends that happened… sailing learnings, new knowledge, discoveries… and I forget some of them, but forgive me!!! All the opposite, smile because we are on “Sourire”.

26th November 2018 – Las Palmas – Gran Canaria

I achieve my stay at Atlas association as a Workaway volunteer. Days have gone so fast, too fast even. A month and a half of meetings, friendships and unforgettable talks, shows, movies, beers at the rooftop looking at the sunset, travels around the island, without forgetting all dives in the ocean and wee relaxing time at the beach.

I left my friends and send them an “Abrazo y un hasta luego mi familia, buen suerte a todos y vamos a traves del mundo!” I am sad to turn this page of my life and, the same time, happy to open a new one!

I can still see myself, waiting on the beach, with my massive 17 kg backpack (how books could be so heavy??), Bob and a bag full of fresh beers to make me accepted by my new crewmates. On the water, a man is coming up towards me on his doggy. No guaranty that this man is Captain Bernard and I do not have a white tissue to move like a flag as we defined by phone. I stand up, walk towards him and move my hand… hoping to not get dismissed, if not I will do like dressing my hair as if nothing had happened. As I get closer, I noticed that this man with a salt and pepper beard, looks like the one on the facebook pictures. Bingo!!! I finally met Captain Bernard with who I was in touch for the last 2 months by phone. Hours of “blabla” to get to know each other! After 10 minutes where we stay anchored to the beach, trying to start up the engine, or more accurately to understand that it will not start without the safety on, we go towards “the floating home”, anchored in the port of Las Palmas, my backpack sponging the doggy.

4 crew members are welcoming me. I do not understand. We are far too many! Who is who? The 2 crew who were expected and two more? Are we gonna be 6 for the crossing?? They take my backpack and help us to come on board without falling overboard like a bomb in a swimming pool! The stairs at the back is useless. To get in, nothing easier… almost… Doggy against the hull on starside (right side for the dummies), you put the doggy cushion as you can, you hold yourself as you can, trying at the same time to not take your feet in the net protection that is surrounding the boat and do a slam to get in. Here we go, I am standing up, in one piece and dry: welcome on-board Anna!!!

I feel shy even if the atmosphere is relax! Nothing best that a full plate of pasta to get to know each either. Gerald and Matthieu will be my two travel buddies. Vianney and Coleman are to clown fishes fished on the way from Lanzarote.

Laughing already starts to be part of our days. I visit the place and observe everything around me! At 360 degrees around me, boats of all colours and all sizes makes our neighbourhood! And me, in the middle of the arena! After 8 months of supreme adventures, by feet, by train, by bike, by bus, by motobike, I am now on a sailing boat, ready to brave the sea! Joy takes me away at that moment! Everything is possible! I am floating while listening to my internal angel and devil wondering: “Anna, what crazy adventure are you about to take on again?”.

As soon as the papers are made at the marina office, we are setting towards the port to set home. Captain is steering the wheel, the crews are at the top of the boat with the ropes in their hands. For this first manoeuvre, I feel useless. “But everything will come to who is able to wait!”. I observe, I try to understand, I learn, I memorise as much as I can the new vocabulary. Ahead of this trip, my Dad sent me important sailing terms, specially for the dummies! But I was too lazy to try to memorise those words whiwh were far too complex for me. A charabia incomprehensible that will stay in my head for only a few hours. At that time, I spoke to myself: “You should have insist my darlin! Right now you are lost twice more, and you are smiling to the captain, moving your head up and down saying yes yes trying to make nothing appears while you diving under this vocabulary!!”

After this peaceful mooring, we decide to stay there for a week. In the days that follows, we enjoy great food and drinks hanging all over. To do nothing on a boat, I feel more tired than I used to! I sympathise quickly with this superb crew; In the marina, the small waves are making us dance from left to right, in order to get my sea legs and understand this famous “land sickness”. In reality, this one is going away step by step but still consistent and make me lost all my orientation each time I am going to take my shower, between closed walls, or with a step to climb on the floor. Land sickness is very simple to describe! It is like when you are drunk, and you are sure that the road is crocked or that you see it twice, even if this one is totally straight! Try to imagine these feelings going worst after drinking few pints at the pub!!

It is a funny week, where I start to take my marks day after day. The intimacy has been reduced this whole 2018 year, but now, Sharing gets to its paroxysm on the sailing boat! 4-5-6-8 people on-board in this superb Feeling 1100 with a hull of 11 meters length, and 31 square meters habitable. It reminds me my truck years”life. We are adapting to not step on each other, lving like a community where helping each other is primordial to succeed together.

Me, I sleep in the small bed: a bank of 2m long with a width a bit bigger than my shoulders! Impossible to sleep in starfish position! I opt for sleeping on my belly or my back before closing my eyes. Thankfully, solidarity prime, and with Matthieu we take turns. He lent me his small king size bed, located across me on the other side of the table, and that is just a bit bigger than mine by a few cm! I also refrain myself from sleeping “naked” in my sleeping bag! With 3 single males, I am expecting the worst!! (LOL). For the shower and toilets, girls by reading me your smile will get to your hears! Now that weare at the marina, I have the “privilege” to share the showers. Similar to a fitness centre, where you meet a lot of people that you don’t know! On boat, in the middle of the ocean, the situation will be quite different for me! Here, Bashfulness has to be set aside and for shaving several parts of the body… which best sentence would be better that “No coment”! Let’s be honest, traveling on a budget is synonym of MacGiver!

Therefore, “how will this crossing go with those “3 wee goblins?” I sometimes ask myself. Don’t be worry, my masculine part took over very quickly! Femininity with high heels, jewelleries and make up, I forget it for now! And change my voice for a phenomenal truck driver voice! 😉

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