Les Iles Canaries – Agaete / Tenerife

Article translated in English below 😉

Nous prévoyons les courses, pour les mois à venir; au supermarché espagnol on trouve de tout et pas cher (3 caddies messieurs-dames, le ticket de caisse arrivait à ma tête !!!) et oui ! Ce n’est parce que l’on se trouve sur un océan que nous devons faire un régime de pâtes/semoule au sel ! Bien au contraire Capitaine, tes matelots sont des chefs cuistots étoilés (une étoile et demie !!!) et un bon repas redonne toujours force et plaisir en cas de coup de mou.

Nous finissons la semaine à Gran Canaria. Elle s’est écoulée façon puissance grand V et nous nous mettons au mouillage le soir pour un départ immédiat au petit matin ! Capitaine, ayant dormi sur le pont de peur que le bateau s’échappe pour rejoindre la terre, semble au taquet dès le lever du soleil. Paupières à peine ouvertes pour moi, la tasse de café encore à la main, nous levons aussitôt l’ancre pour partir au large, direction Agaete de l’autre côté de l’île. Mes premières et inoubliables 8 heures passées sur un monocoque. Ce jour-là, je suis bien installée sur le pont et je n’en bougerai pas ! « Ah ouais…c’est ça la mer ? S’il vous plaît laissez-moi repartir à la nage ! » Je me force à sourire, boire 10cl d’eau, et préfère garder mon estomac qui se vide petit à petit. Chaque mission pour descendre dans la carré et donner à manger aux poissons à travers le trou des WC est une mission impossible tout droite sortie de Fort Boyard ! « Eh pourtant la mer est calme! » me disent mes camarades. Calme ??? , les vagues sont grosses (1m) et on penche à 45 degrés ! En spiritualité, on nous dit, contrôle ton mental  pour y arriver! Ah-Ah, vous êtes bien drôle ; j’essaye et je comprends mieux pourquoi les grands enseignants spirituels sont plus en harmonie avec les arbres qu’avec les fonds marins! A ce moment là, je pense à mon filleul et j’essaye de convaincre ma cervelle : « Tatate matelote ne doit pas faillir au regard de son neveu amoureux des bateaux, je resterai sur Sourire et m’amarinerai coûte que coûte ! » Je regarde au loin, très loin  sans vraiment savoir ce que je vois. 7 jours pour aller au Cap Vert et 30 jours jusqu’au Caraïbes!;;;qu’est-ce que cela représente sur une vie ? Juste quelques petits jours….

AGAETE

Je prends la barre quelques minutes avant notre arrivée ! Hey- hey- hey ! Quelle sensation de se croire capitaine !! Debout, les 2 pieds sur les coffres pour scruter l’horizon (je n’ai pas mangé assez de soupe petite pour atteindre la taille mannequin et ainsi voir plus haut que mes 1,62 mètres et demi), je tourne délicatement la barre à roue tel un volant d’une machine de guerre, tout en restant bien attentive aux conseils du capitaine. Un ferry arrive à toute allure, nous coupant la route dans quelques miles. « Heu, là je fais quoi capitaine face aux dents de la mer avec des neons? » Il est loin certes, mais j’ai déjà un petit vent de panique … « Un petit tour sur nous même pour lui faire signe qu’il passera le premier, nous ne sommes pas pressé ! »…« Ok ! Et pour l’arrivée au port, je garde la main longtemps ou tu préfères que l’on échange les rôles ? » J’ai beau être rebelle mais il faut savoir aussi connaître ses limites ; pour l’amarrage, moi, je suis généreuse et partage sans problème pour te laisser être le premier sur le podium!

Arrivé au port d’Agaete, les premières réparations sur le voilier commencent. La drisse du Génois est à changer. J’observe Matthieu grimper et changer le bout comme un professionnel durant 1 heure ! Puis une belle surprise m’attend à sa descente, on me tend le baudrier et c’est parti pour mon tour de manège. Sympa le ticket pour observer la vue à 14 mètres de hauteur ! En haut du mat, je m’éclate en tant que guetteur dans son nid de pie et n’hésite surtout a prendre mon beau selfie souvenir!

TENERIFE

Le 6 décembre 2018, nous reprenons le large, cette fois-ci de nuit, direction l’île de Tenerife. Je passe le début de soirée avec Gérald qui est de quart de 21h à Minuit. Éviter les ferrys, les voiliers, bien contrôler le poste de pilotage ! De nuit, mon corps supporte bien mieux la mer ! En même temps, quoi de plus magique que de voir un grand ciel étoilé, des planctons phosphorescents surfant sous les vagues de la coque, ou encore les guirlandes humaines définissant chaque île ! J’adore cette vision bien différente de celle que l’on a sur terre, une liberté incroyable que le monde marin nous offre ! Je me souviens encore de cette nuit-là où je décide quoi qu’il en soi, de me marier avec l’océan malgré sa réticence et avoir cette fameuse gloire de traverser l’atlantique en monocoque! Je pars me coucher vers 23h, l’envie de dormir n’y étant pourtant pas. Le réveil sonne à 3h pour mon quart partagé avec Capitaine. Nous discutons toute la nuit. Tenir un quart finalement c’est comme toute autre aventure : une fois que l’on essaye, cela n’est pas si compliqué ! Au petit matin je décide de rester sur le pont et profite de mon premier lever de soleil orangé à l’entrée du port de San Miguel. Quelques petits bateaux sortent pour la pèche matinale et complète ainsi la carte postale.

Avec Matthieu, un autre matelot aussi aguerri de trek que moi, nous décidons de prendre nos sacs à dos, 1kg de pâtes et de riz et partons explorer cette terre volcanique tel Tintin au Congo ! Capitaine aurait tant aimé que je reste seule avec lui pour apprendre à naviguer mais les 2 mousses m’ont finalement convaincue de me remettre en forme, vider les litres de vin ingurgités ces derniers jours et ainsi grimper à 3718m mètres. « La navigation tu auras le temps de l’apprendre ! » me disent-ils. Ils avaient tout à fait raison et je leur en suis très reconnaissante. Le Pico del Teide fut un moment unique, autant pour la beauté incontestée des paysages malgré ma métamorphose en glaçon la nuit, que pour le fait d’avoir appris à connaître petit à petit Matthieu avec qui je commençais à tisser un lien d’amitié ! (cf. article Matthieu, Pico del Teide)

Quelques jours plus tard, Matthieu nous quitte, partant à nouveau dans sa quête d’un « avion-stop » pour l’emmener vers Lanzarote prendre son « sous-marin stop ». Je lui tire ma révérence, même si finalement tous ses jours d’acharnements n’ont résulté qu’à un flop. Ton rêve du « sous-marin stop » ne sera pas pour maintenant mon petit!!! En attendant qu’il prenne des cafés avec les pilotes et hôtesses de l’air, de notre côté nous levons les voiles direction Los Cristianos. En chemin, mes yeux s’écarquillent et mon sourire me fend le visage à la vue d’une colonie de globicéphales nous rendant visite à l’avant du voilier. Suis-je déjà au paradis ? Ah non, bien trop tôt pour moi ! Le cadeau est merveilleux; je n’arrête pas de les filmer, prendre des photos souvenirs et me croire Miss Dauphine en essayant de communiquer ou plutôt siffler avec eux ! Arrivés à Los Cristianos, se mettre au mouillage semble être la galère pour Capitaine. En effet, entre l’ancre qui a du mal à descendre, la bouée de localisation restée accrochée au filet de protection… hé bien ce n’est pas le moment de balancer une vanne rigolote ! Il suffit d’observer et de prendre son mal en patience ! Enfin, nous finissons par stopper le voilier, un peu près des rochers à mon goût, mais l’ancre maintient Sourire comme il faut.

De nouveau l’équipe est au complet ; les gars se jettent sur la pêche en mer, au lancer pour l’un et au harpon pour l’autre. Moi je continue à coudre ma fermeture de gilet pour le faire tenir encore 2 ou 3 ans de plus. Eh oui, rien ne se jette, tout se répare ! La pêche a été bonne, un poisson d’aquarium pour le plongeur et une bastide à la peau dure pour le pêcheur à la ligne. Ce soir là, nous dégusterons une fricassée de mer, le jour suivant ce sera à terrienne que je suis, pizzaïola amatrice de faire ses preuves au fourneau. Ayant appris à faire la pizza à la poêle et au feu de bois au Népal, j’ai transmis mon savoir sur l’océan et récolte de nouveaux fans ; au point d’imaginer un nouveau business pour Sourire, un futur bateau-pizza au mouillage avec livreurs.

Un petit tour au port de Los Gigantes où la vue sur les falaises est magnifique mais l’emplacement pour s’amarrer est cher. Gérald nous abandonne quelques jours pour mettre ses chaussons au pied du sapin, et surtout voir à quoi ressemble le père Noël de son enfance. Il a bien raison, les Alizées semblent traîner en longueur cette année. Chouette, à moi le lit double de la cabine ! Je te le rendrai au retour, en contrepartie d’un bon morceau de fromage français et du foie gras ! Je t’en supplie camarade, n’oublies pas notre deal, à défaut des huîtres d’atlantique qui me manquent énormément, le petit camembert fondant et le canard gavé fera très bien l’affaire ! 😉

Canaries Islands – Agaete/ Tenerife

We go shopping for the coming months; in the Spain, wecan find everything at the supermarket and and not too expensive (3 trolleys guys, the receipt was big enough to cover my body!!!). And yes! It’s not because we are in the middle of an ocean that we have to go on diet eating only pasta/semolina with salt! Far from it Captain, your crew are star chefs (one star and an half!!!) and a good meal help to get back your energy and increase your spirit level when needed.

We end up our week in Gran Canaria. It went by in a butterfly flap and we anchored the boat in the evening to be able to leave straight away in the morning! Captain has slept on the cockpit, being scared that the boat decides to run away to the land… At sunrise, my eyes still nearly closed, the cup of coffee stocked to the hand, we up the anchor to go to the midst of sea towards Agaete, on the other side of the island. My first and unforgettable height hours spent on a monohull. On that day, I am well seated in the cockpit and will not move from there! “ Really… That’s the sea? Please, let me swim back to the land!” I force myself to smile, to drink 10cl of water, and prefer to keep my stomach that is going away step by step. Each time that I am going inside the boat is a mission and feeding the fishes by the hole of the head (toilet in sailing terms) is so a challenge! “But the sea is quiet though!” say my crewmates. Quiet??? Waves are so big (1 meter) and the boat inclination is up to 45 degrees! In spirituality we say that you need to manage you mental to succeed! Ah-Ah, you are funny guys! First I try to stay alive on this boat, second I understand better why the big gurus are more connected to the trees than with the deep sea! At this moment, I think of my godson and try to convince myself: “Auntie deckhand can’t failed to the eyes of her godson who is in love with boats. I will stay on Sourire, no matter what!” I look at the horizon, far in the horizon and don’t really know what I am seeing. Seven days to Cape Vert and thirty more to the Caribbean??? What is it in a lifetime anyway? Only a few days…

AGAETE

I am steering for a few minutes before our arrival! Hey hey hey! What a feeling to believe you are a captain!! Standing up, both feet on the cockpit seats (I have not eaten enough soup while I was a kid to get to a model high and be able to see further than my 5.31 ½ ft), I steer as carefully such as war machine, being careful to stay alert to the captain’s advices. A ferry is coming towards us, crossing our paths in a few nautical miles. “Heu, what should I do now captain, in front of this sea monster full of neons?” Even if it seems far from us, I won’t lie, I start to panic a little bit… “Well, let’s make a circle with the boat to let him know that we give him priority. We are not in a rush anyway!”… “Alright! And for entering the port, do I keep steering or do you wish to switch the role?” Event though I am rebel, it’s necessary to know its limits; and for the docking, me, I am not selfish, I share the duty without any issues, for you to be the first one on the podium!

Well arrived to Agaete port, the first ship repairs start. The genoa halyard needs to be changed. I look at Matthieu climbing up the mast and change the rope like a professional for an hour! Then, a nice surprise was waiting for me when he went back on the deck. They give me the harness and it is time for me to take the ride. Wonderful this ticket to enjoy the view at 45ft above the sea! At the top of the mast, I take a nice selfie such as watchman in his crow’s nest!

TENERIFE

On the 6th December 2018, we set sail, this time by night, towards Tenerife island. I spend the beginning of the night with Gérald that is taking his watch from 9pm to midnight. Avoiding ferrys, sailing boats, holding the pilot station! By night, my body is holding better the sea! To be honest, what’s more magical than seeing a big sky full of stars, fluorescent planktons under the hull, or others lights defining each island! I love this vision that is way different from the one we have inland. The sea universe offers us an incredible freedom! I still remember that night where I make peace with the ocean even if this one is not really consenting. I want to have this pride to make an Atlantic crossing! I finally go to bed around 11pm, even though I don’t feel like sleeping. The alarm sounds at 3am to do my shared watch with Captain! We talk all night !; finally, taking a watch is like any other adventures: as soon as you try it, it is not that difficult! At first lights, I decide to stay on the cockpit to enjoy my first sunrise at sea, near the entrance of San Miguel Marina. At that time, a few tiny fishing boats are leaving the port and complete this postal card pic.

With Matthieu, another crewmate that is used to trek as I am, we decide straight away to take our backpack, 1kg of rice and pasta and go exploring such as Tintin in Congo! Captain would have loved so much that I stay alone with him to learn how to sail, but my two crewmates have finally convinced me to go back on track with my body, and get empty the litres of wine that went down my stomach those last few days to climb up 3718 meters. “You will have time to learn sailing!” They were right and I am thankful. The Pico del Teide was a magical moment, equally by its incredible landscapes (even though I become a snowman at night), than by the fact that I start to get to know Matthieu step by step, with who I started to build a friendship! (article about the National Park del Teide).

A few days later, Matthieu leave us, going again on his quest of “plane hitchhiking” to get to Lanzarote” in order to do some “submarine hitchhiking”. I am impressed, even though all those days of trying did not go anywhere and brought a flop. You dream of hitchhiking a submarine will have to wait my wee one! While he is taking a coffee with pilots and others stewards, we are heading towards Los Cristianos. On the way, my eyes can’t believe what they see and my smile is covering my face when a group of dolphins is coming to say “hi” in front of our boat. Am I already in paradise? Oh no, that is way too soon for me! The present is wonderful. I can’t stop filming, take pictures and believe myself as Miss Dauphine (2nd place of beauty contest in France), while trying to speak, whistle with them! Well arrived in Los Cristinos, anchoring seems to be a pain in the ass for the Captain. Between the anchor that has some difficulties to get down and, the localisation buoy that get stucked to the safety net… well, it appears that this is not the time for a funny joke! Just need to observe and wait patiently that the storm goes away! Finally, we are able to stop “Sourire”, a bit too close to rock in my opinion, but the anchor maintains the boat as it should.

The team finally completed ; the guys throw themselves to fishing, throwing for one, and with a harpoon for the other one. On my side, I still sewing my jacket zip to make it last another 2 or 3 years. Yes, you can fix it, don’t throw it away! The fishing went well, an aquarium fish for the diver and a bastide that have a hard skin for the other one. That night, we will try a sea fricassée. The next day, following my land legs, I will do some pizzas. I have learnt how to do them in a pan in Nepal and forward my knowledge to the ocean. Getting some new fans on the way. Such a success that we are planning a new business idea for “Sourire”: a new pizza-boat making deliveries to other ones anchoring.

A wee look around Los Gigantes port where the view over the cliffs is breath taking but where the place in the port is overpriced. Gérald abandons us for a few days to put his slippers under the Christmas tree, and mostly to see how looks like the Santa of his childhood. Can’t blame him, the trades winds seem to be late this year. Great for me, I can enjoy the king size bed of the cabin! I will give it back to you when you get back, in exchange for a good piece of French cheese and foie gras! I beg you mate, don’t forget our deal! By default of getting some Atlantic oysters that I am deeply missing, the wee melting camembert and the force-fed duck will make the deal!

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