La Transatlantique – Partie 1

Article translated in English bellow 😉

La Rencontre

Vue par Matthieu

Amoureux de l’Océan, ce dernier m’a apporté une autre surprise de taille auquelle je ne m’étais pas préparé. Insensible aux Canaries, j’ai dû abdiquer – ou plutôt accepter la réalité – devant la possibilité de poursuivre mon aventure en compagnie d’Anna, aventurière aux projets si semblables. Une aventure à deux commence sur cette traversée, et se poursuivra avec un nouveau blog « Sourire au monde ».

Vue par Anna

Sans la rencontre de Matthieu, la suite de l’aventure et la création du blog n’auraient jamais eu lieu, alors commençons par ce sujet primordiale !

Pour tout vous avouer, je ne pensais guère continuer mon tour du monde après la Transatlantique . En effet après 8 mois de voyage solo en Asie et un retour en France en Aout 2018, je n’avais dans l’idée que de traverser l’océan, visiter quelques îles antillaises puis revenir en Vendée, d’où je suis native, afin de me stabiliser et réaliser de grands projets ! Mais se perdre au milieu de l’océan, coupé de tout communication extérieure, me mena à  réflexion . Mon château de cartes que je croyais pourtant solide s’effondrait petit à petit et la complicité avec Matthieu devenait  grandissante. Ainsi il ne pouvait être autrement que d’accepter le destin et poursuivre l’ aventure autour du globe à 2. Pourtant, croyez-moi ou non, l’attirance n’y était pas au premier abord. Avec mes oeilleres et un cœur de pierre, cet homme en chemise et lunettes de cycliste à l’allure de fils à Papa n’était pas à mon goût. « Ne jamais se fier à l’apparence! » Après 3 mois à découvrir ce blondinet aux yeux verts-gris-bleu, ses projets, sa gentillesse et sa philosophie sur l’Humanité totalement identique à la mienne, me toucha en plein cœur. La veille de traverser , nous nous rendons à l’évidence et décidons finalement de nous mettre en couple à l’abri des regards du Capitaine et de Gérald le 3eme matelot.

Le Grand Départ

Samedi 19 Janvier 2019, le grand départ arrive enfin ! Nous attendions le calme des Alizés afin de ne pas se faire secouer mais il en sera tout autrement ce jour-ci. Nous quittons Mindelo et Sao Vicente, direction les Antilles.Il fait encore nuit à 6 heure du matin et Capitaine semble déjà tendu ! La baie se dresse derrière nous, Gerald maintient solidement la barre pendant qu’Anna a l’honneur de sortir le génois. Nous prenons la mer avec des vents supérieurs à 30 nœuds et le bateau surf sur de belles et grosses vagues de 5 mètres. Wahou! Génial ! Petit à petit le soleil se lève derrière la montagne, nous envoyant un « A bientôt » depuis Cap Vert et nous souhaitant bonne chance pour la Traversée. Et oui, c’est l’heure ! Notre Feeling 1100 s’en va affronter l’Atlantique !

Un Début difficile pour Matt

La traversée aurait pu mal tournée à son commencement et devenir très vite de courte de durée pour ma part… Dès le premier jour, alors que je cuisine, je me retrouve propulsé à travers la cabine passant de la cuisine à bâbord à la table à cartes côté tribord ; soit trois mètres sans toucher le sol ! En chemin, je croise le regard de Gerald qui me voit me fracasser la tête contre le mur pour me retrouver les jambes en l’air sur l’ordinateur. Je suis sonné (les fixations du GPS aussi, j’ai la tête dure, elles ont cassé). Je découvre qu’Anna était à la barre et qu’un surf a dévié la course de Sourire, passant de 180 à 300 degrés en un instant. Cela explique mon vol plané, ou serait-ce une tentative de m’achever au crépuscule de notre relation ?

Une fois sur pied, j’enfile mon gilet de suvetage et attache la sangle à la gazinière pour éviter de répéter cette cascade. Choix payant ! Le gilet me retient par trois fois de venir saluer à nouveau la table à cartes avant de terminer ma mixture.

La première nuit est difficile et au moindre roulis de sourire, je me retrouve allongé sous la table de la carrée. Je décide donc de quitter ma banquette pour squatter le sol et espère que mon sommeil ne sera pas perturbé par la pointure 43 du capitaine, ou pire, le 45 de Gerald ! Le 45 viendra finalement me réveiller pour ma prise de quart. Allez hop, au boulot !

Et ce n’est pas mieux pour Anna…

De nuit, les sensations sont bien différentes à celles du jour ! Ces belles et grosses vagues qui apparaissent au lever du soleil ne me font pas autant rire en premier lieu ! Le bateau tangue tellement d’un coté à l’autre que je ne peux rester les 2 pieds au sol et la mer me paraît si foncée, si agitée, si effrayante. A ce moment là, je ne peux m’empêcher de penser aux migrants, fuyant leur domicile à contrecoeur, traversant la mer à leurs risques sur de petites barques afin de trouver refuge sur un bout de terre plus sécuritaire ! En ce premier jour de traversée, certaines peurs traversent mon esprit et  je dois m’efforcer de les affronter pour avancer. Ah sacré mental, combien de fois vais-je te contrôler ? Et puis que peut-il nous arriver ? En étant éloigné des côtes, peu de chance de couler. Primo, les vagues peuvent nous faire faire un roulé boulé mais le  voilier se remettra  «  sur pied » ou plutôt sur coque pour sûr. Secondo, nous pourrions imiter le Titanic en heurtant un container perdu au milieu de l’océan mais cela relèverai vraiment d’un coup de malchance! Tercio, une baleine pourrait décider de jouer à superwoman, nous écrasant sous son gros ventre furieusement pour sauver son baleineau (si déjà on en croise une, moi j’opte pour le selfie et fait appel à Poseidon!) . Effectivement ces peurs de l’inconnue peuvent nous mettre un frein. Mais voyons le bon coté des choses, nous ne sommes ni les premiers, ni les derniers et je compte bien cocher la traversée de l’atlantique dans ma liste «  réves réalisés».

Les heures passent et je me sens de plus en plus confiante! Les ampoules éclairant les petits doigts de Gérald, j’en profite pour prendre la barre le temps qu’il cherche ses gants anti-dérapants spécial marine ! La barre est dur à contrôler . Le courant et le vent nous déportent rapidement ! En moins de deux, je fais faire un demi-tour au bateau,  tout en voyant Matthieu voler d’un côté à l’autre ! Oups pardon, ce n’est pas moi, c’est la vague ! (toujours trouver une cause extérieure!) Le Génois flotte et bouge dans tous les sens. Je n’arrive plus à rejoindre le cap 300. Aussitôt capitaine reprend la main pour rectifier le tir. Matthieu est un peu sonné mais toujours en vie. Moi, je n’ose plus toucher  ce gros volant ! « Les gars, je pense que passer mon tour serait la meilleure des solutions ! Avec moi, nous poserons le pied en Afrique plutôt que sur une île Antillaise ! » Cependant, on ne devient pas expert sans passer par la case départ et je remercie mes camarades de m’encourager à nouveau . Restant à mes côtés au cas où, je renouvelle l’expérience : barre entre les mains, un petit peu à droite, un petit peu à gauche, pas trop rapidement afin de laisser le temps au voilier de réagir, manœuvrer délicatement en fonction des grandes vagues, yeux rivés sur le compas, levé les yeux chaque seconde et vérifier si une baleine passe devant nous… c’est tout un art ce métier de matelote! Je finis par contrôler la situation et commence à jouer avec le vent pour gagner un peu de vitesse ! A cet instant je me sens si heureuse de connaître cet élan de solidarité entre nous et si fière de réussir à affronter une mer mouvementée. Une matelote partant de zéro mais à qui on est prêt à faire confiance! Pour les remercier, je leur offre de belles douches salées gratuites ! Je nous revois encore, tous avec nos vestes de pluie sous un soleil éclatant, attribuant la médaille d’or à Gérald, avec son short et ses grosses bottes, grand gagnant du concours « t’as le look coco.. »

Nous échangeons les quarts selon le désir de chacun ! J’en profite pour faire une sieste sur le pont. Le bateau continuant sa lancée d’attraction de fête foraine, je remercie mon camarade pour les douches salées également, ne me laissant d’autres choix que de dormir dans la cabine pour être au sec et ne pas attraper froid! Mais ma sieste de 18h à 21h est bien trop longue, m’envoyant ensuite à compter tous les moutons vivants de mon monde imaginaire ! Impossible de fermer l’oeil  jusqu’à mon quart de 3h ! Est-ce l’excitation ou est-ce le temps de s’habituer au roulis des vagues me faisant tourner sur moi même ? Je commencerai donc la transatlantique par une nuit blanche, et croyez-moi ce n’est pas le plus facile !

 

L’Océan

Matthieu et ses impressions

Heureusement, l’Océan a son lot de surprises et de magie pour me faire oublier ces moments difficiles. Comment ne pas mentionner l’un des plus beaux cadeaux d’anniversaire ! Alors que je réveille Anna pour sa prise de quart de 3h du matin (jour 6, avant de perdre le régulateur), une colonie de dauphins vient se joindre a nous pour jouer avec les vagues à l’avant de Sourire. Quel bonheur ! Je me sens comme un gosse de 7 ans un matin de Noël. Sauf que cette fois ci, nous sommes le 24 janvier, jour de mes 28 ans. Point GPS : 11’32 Nord – 32’27 Ouest. Nous passons près d’une heure à partager ce moment inoubliable à la proue du bateau !

La transatlantique, c’est également de magnifiques moments à contempler les couchers du soleil, les constellations (Orion étant m’a favorite et m’indiquant constamment la position du bateau), et autres étoiles filantes. Lors d’un quart de nuit, alors que je lutte à la barre, j’aperçois sur bâbord une lumière aveuglante qui me tire de ma somnolence. Comment ai-je pu ne pas voir ce cargo qui avance vers nous et qui s’apprête à nous faire disparaitre de la surface des océans ? Je suis soulagé au possible lorsque je tourne la tête et aperçois cette comète transpercer la couche d’ozone et venir s’effondrer dans l’Océan ! Sa trainée reste visible pendant plusieurs minutes. Une fois encore, l’Océan me surprend.

Comment ne pas mentionner cette visite du 8eme jour. Alors que nous avançons à 1 nœud et que la mer est calme, Gerald parvient à sortir la première dorade de la traversée. Nous souhaitons prendre un bain au pied du bateau mais notre pécheur souhaite cuisiner son trophée. Je lui en suis reconnaissant car au même moment, des dorades viennent se cacher sous la coque de Sourire et capitaine nous explique qu’un prédateur doit être proche. Pour cause, nous apercevons un requin marteau de quatre mètres au pied du bateau… Un peu plus – ou plutôt quelques minutes de moins et une dorade, et nous aurions servis de quatre heure à ce prédateur des mers.

Nous nous occupons également au rythme de la musique, entre harmonica et ukulélé. Entre siestes et pêches. N’étant pourtant pas un grand pêcheur de nature, je suis quand même excité lorsque je joue avec la canne pour la première fois de la traversée et parviens à sortir une dorade coryphène d’un mètre dix qui nous permet de tenir quatre repas entiers à quatre – record de la traversée.

 

Anna et l’océan:

Se retrouver seule pendant des heures et des jours au milieu de l’océan fut déjà un moment incroyable pour ma part.  A tous les moments magiques déjà décrits par Matthieu, j’ajouterai les instants à contempler les quelques levers et surtout couchers de soleil dont les rayons resplendissaient sur l’océan. Les vagues se changeant en une palette infinie de couleurs  passant du bleu turquoise au bleu marine, marron à l’orangé, jaune, violine au rose, avant de finir noires ou blanches éclairées  par la pleine lune. Tout en écoutant du Yann Tiersen, Ludovico Einaudi ou Estas Stone, j’avais l’impression de ne faire qu’un avec la nature qui m’entourait, le vide intérieure où l’on ne se préoccupe de rien excepté l’essentielle qui n’est que de respirer, vivre l’instant présent et avancer!

Certains jours, cet océan nous remercia de notre venue en nous envoyant de petits cadeaux. La veille de la venue des dauphins pour l’anniversaire de Matthieu, nous avons également eu le droit à un ballet d’éponges phosphorescentes. Des centaines de concombres de mer luisant sous la coque tout autour du voilier pendant des minutes entières. Impossible d’obtenir une vidéo correcte de nuit, mais si vous avez conservé votre âme d’enfant, alors regardez le Walt Disney, “ Vaiana, la légende du bout du monde” . Vous comprendrez peut -être notre émerveillement et notre ressentie lorsque vous arriverez à la scène de de nuit avec les raies manta 😉

Le quart du 26 janvier (8e jour) ne peut également être oublié. Je me revois encore à la barre, vers 4h-5h du matin. Le vent chute et nous entrons dans la Pétole. Nous avançons très doucement, à 1,5 nœuds précisément. Calme complet aux alentours. Les vagues se font à peine entendre. Seule la lune nous éclaire et transperce légèrement cette épaisse fumée. Nous ne voyons que quelques centaines de mètres devant nous.  Quelle étrange sensation! J’ai l’impression d’arriver dans un nouveau monde, tel Pirates des Caraïbes saison 3. L’océan ce jour-ci a décidé de me montrer une nouvelle facette de lui-même, son côté mystique où le temps semble s’arrêter!

Puis, lorsque je passa la main à Capitaine vers 6h du matin, le tableau de bord indiqua 0.00 nœuds de vent!

Les Sargasses! Ces algues brunes, déjà bien connues à l’époque de Christophe Colomb nous ont suivis tout au long de notre parcours, soit par petites lignes soit de façon massive, ce qui me mena à réflexion sur le sujet et donc essentielle d’en toucher un mot dans ce blog. Ennuyeuses en mer du fait que l’hameçon s’accrochait fréquemment dans cette végétation,celles-ci sont surtout néfastes lorsqu’elles se décomposent sur nos côtes. Elles sont responsables des odeurs nauséabondes bien connues de tous et produisent, à fortes concentration, un gaz nocif pour l’homme. Cependant le phénomène n’est pas uniquement nuisible pour l’être humain, mais également pour les animaux ( telles les tortues qui ne peuvent rejoindre la plage pour la ponte, ou les juvéniles susceptibles d’ être asphyxiés); ou bien même les coraux en les empêchant de recevoir la lumière du soleil.

Leur développement devrait malheureusement s’accentuer dans les prochaines années en raison de la destruction massive de la mangrove d’Amérique Latine et du réchauffement climatique, mettant l’accent sur les conséquences que peuvent produire les déforestations et urbanisations incontrôlées.

The transatlantic

The meeting

Seen by Matthieu

In love with the Ocean, this last one brought me a surprise I was not prepared for. Insensible in the Canaries, I had to gave up – or should I say to accept the reality – in front of the possibility to pursue my dream with Anna, adventurous woman with projects similar to mine. A new adventure is starting with this crossing, and will follow with a new website “Sourire au Monde” (literally: “Smiling to the World”).

Seen by Anna

Without my meeting with Matthieu, the adventure and creation of this blog would have never had seen light, so let’s start by this main subject!

To be honest with you, I was not thinking to keep going on my world tour after the Ocean crossing. In fact, after 8 months travelling solo in Asia and being back to France for a couple months, I had in mind to only cross the Ocean, visit some islands and then come back to Vendee, where I am from, to be able to settle down and follow some big projects! But being lost in the middle of the ocean, cut from all outside communication, forced me to reflect on myself. My house of cards that I believe solid was falling apart step by step and the complicity with Matthieu start increasing.

I had to finally accept my destiny and follow the adventure around the world together. However, trust me or not, I was not attracted in the first place. With my rocky heart, this man with a shirt and cyclist glasses looking like he was born with a silver spoon in the ass, was not to my liking. “Never believe the first impression! » After 3 months discovering this blond man with grey-blue-green eyes, his projects, his kindness and philosophy about Human Kind totally aligned with mine; he finally got me straight to my heart. The day before the crossing, we accept the reality and decide to finally become a couple. But far from the eyes of Captain and Gerald, the third crewmate.

D-Day

D Day finally arrives on Saturday 19th January! We were waiting that the Trade Winds settled to avoid to get a quiet crossing, but that day will be far from it. We leave Mindelo and Sao Vicente to set cap towards the Caribbean at 6 am. The bay is behind us, and Gerald hold the wheel. Anna opens the genoa. We take the sea with more than 30 knots wind and waves up to 5 meters high. Wouah! Great! Step by step, the sun rise behind the mountain, telling us a “see you soon” on the way from Cape Verde and wishing us luck for the crossing. Yes, time has come! Our Feeling 1100 is going to face the Atlantic Ocean!

A difficult start for Matt

The crossing could have ended sooner than expected… On the first day, while I am cooking, I found myself projected to the other side of the boat to the chart table; understand by it three meters without touching the ground! On my way, I cross Gerald’s eyes that sees me smashing my head on the wall and sitting on the chart table with my legs on the computer. I am hurt (and the satnav fixations as well, apparently my head is strong, and they broke). I discover that Anna was at the wheel and that a wave changed the cap of the boat from 180 to 300 degrees in a second. That explains my dive, or is it a tentative to kill me at the sunrise of our relationship?

As soon as I come back to myself, I put on a life jacket and attach myself with a rope to the cooker. Good choice! The life jacket avoids three times to send my regards to the chart table, and I can finally finish cooking.

The first night is not easy and as soon as the boat is meeting with a wave, I found myself ending up on the table. I decide to sleep on the floor to get some rest and hope that my sleep won’t get disturbed by the captain’s 43 shoe size, or worst, Gerald’s 45 shoe size! The 45 will finally come to wake me up to take my night watch. This is time to go to work!

And not better for Anna:

By night, feelings are far different from day time! Those massive waves that appears at sunrise do not make me laugh at first! The boat is heeling from one side to another that I can’t stay still in one place and the sea appears to me to be terrifying. At that time, I can’t help myself but think about those migrants, leaving their home to cross the sea to look for a better life for their family and that take the risk of crossing in such small embarkations and risk their life to find safety in another piece of land! On this first day, some scary thoughts cross my mind and I have to face them to keep going. Oh mind, how many times will I have to overcome you? And what can happen to us? Being so far from land, we have a few chances to sink. Primo, the waves can rolled under, but a monohull will get rolled back no matter what. 2nd : we can imitate Titanic and hurt a container at sea, but this is very unlikely. 3rd: A wale can decide to met us go and meet David Jones’ locker by protecting is wee one (but if we see one, I opt for a nice selfie and prey the God of the sea). Those fears of the unknown can put us a break. But let’s be pragmatic here. We are not the first and not the last one to do the crossing and I am determined to take it off my bucket list!

As the hours are going by, I feel more confident! While Gerald is going to his cabin to get gloves, I take the chance to steer the boat! It is hard to handle. The currents and the wind take us away quickly! In a second, I lose track of the cap and the boat turns around, and I can see Matthieu flying from one side to another! Oups, sorry, not my fault here, it’s the wave! (always find an outside justification!). The Genoa is all over the place and I am unable to get to cap 300. Captain get back the wheel, Matthieu is a bit under the water (figuratively), but still alive. Me, I am scared to touch this big wheel again! “Guys, I prefer to pass my turn on this one! With me, we will get to the African coasts instead of the Caribbean’s one!” However, you can master something if you never give it a go and I thank my mate to encourage me to restart. Being by my side, just in case, I restart again: wheel between my hands, a bit on the left, a bit on the right, not too fast to leave time to the boat to adjust. Steer carefully when big waves arrive, eyes on the compass, check if there is a whale coming at us or not… Crewmate is an art! I finally handle the situation and start playing with the wind to take more speed! At that moment, I feel so happy to experience this solidarity between us and so proud to be able to challenge this ocean. A crewmate starting from scratch, but that her mate trust her! To thank them, I offer them some salty showers!

We exchange watches according to everyone mood! I take the opportunity to take a nap on the deck. The boat still believes he is a roller coaster, I thank my mate for the salty showers as well, leaving me no choice but going into my cabin to get warm and cosy! My nap from 6pm to 9pm is far too long and I am then unable to sleep until my night watch at 3am! Is it because I am too excited by the adventure or is it because I need time to get use to the heeling of the boat? I will start the ocean crossing by a sleepless night, and believe me, this is not ideal!

The Ocean

Seen by Matthieu

Thankfully, the ocean has its pack of surprises and magical moment to make me forget about those difficult times. How not to mention one of my best birthday present! While I am waking up Anna to take her watch at 3am (on day 6, jus before loosing the wind pilot), a group of dolphins came to say hello and play with the waves in front of Sourire. What a moment! I feel like a seven years old kid on a Christmas morning. Except that this time, we are the 24th January, day of my 28th birthday. GPS coordinates : 11’32 North – 32’27 West. We spend close to an hour to share this magical moment at the top of the boat!

The transatlantic is also some beautiful moment to contemplate the sunsets, constellations (Orion being my favorite one, and showing me constantly the boat position), and other flying stars. One night, while on my duty and fighting to not fall asleep, I see on my left a massive light that wake me up. How could I have missed this cargo coming up towards us and that is about to take us down from the top of the ocean? I am relieved when I realise that it is a comet falling down to the ocean! Its trace stays visible for several minutes. Once more, the ocean is surprising me.

How not to mention the visit on the 8th day. While we are moving slowly at 1 knot and that the sea is quiet, Gerald is able to take the first dorade of the crossing. We wish to take a swim but our fisherman is starving and wish to cook his trophy. I am thankful to him as at the same time, we see some dorades hiding themselves behind the hull, and the captain explains us that if they do that, it means that there is a predator around. Turns out that a four meters bull shark appears behind us… We were close to be its snack.

We also spend our time with the rhythm of the music, between harmonica and ukulele. Between napping and fishing. I am not a fisherman addict, but I am excited when I touch for the first time the fishing rode and I am able to catch a 1.10m dorade that will last four dishes – record of the crossing.

Seen by Anna

Being alone for hours and days in the middle of the ocean was already an incredible time for me. To all those magical moments described by Matthieu, I will add the moments contemplating sunrises and above all sunsets where it reflects at the surface of the ocean. Waves change into a colourful pallet moving from blue Azul to dark blue, from brown to orange, yellow, purple before getting to darkness. While listening to Yann Tiersen, Ludovico Einaudi or Estas Stone, I felt like I was only one with nature around me. Make spaces inside where you don’t bother with anything else except what really matters, such as breathing, live the present moment and keep going!

Some days, this ocean will thank us with small gifts. The day preceding Matthieu’s birthday and the dolphins, we were pleased with were pleased with the greetings of phosphorescent sponges. Hundreds of them were going under the hull. Impossible to get a nice video of it, but if you still have your childhood imagination, so watch the Walt Disney Movie: “Vaiana, the legend at the end of the word”. You will maybe understand how amazed we were and our feeling if you compare it with the raies manta scene in the movie.

The night watch on the 26th January is not to be forgotten. I can still see myself steering the boat, around 4-5am. The wind drops down and we do not move anymore. We go very slowly, at 1.5 knots to be precised. No signs around us, it’s so quiet here. We can barely hear the waves under the hull… Only the moon manage to go a little bit through this heavy smoke. We can only see a few hundred meters ahead of us. What a strange feeling! I feel like arriving into a new world, like in Pirates of the Caribbean 3. The ocean today has decided to show me a new visage of himself, a mystic side where time seems to stop!

When I give the wheel to Captain around 6 am, the pilot navigation shows 0.00 knots speeds.

Sargasses ! Those brown algaes, already well known by the time of Columbus, have been following us all the way, either by small stretch or either by massive lakes. This brought me to reflect on this and I feel it is necessary to mention it on this blog. Annoying while we attempted to fish as they get stucked to the hooks, they have a negative impact where they get ashore. They are responsible of the strong smell and make, at big concentration, a toxic gas for humans. However, the negative effect is not only subject to mankind, but also to wildlife (such as turtles that can’t get to beaches to give birth); and even corals that die by default of  sun lights.

Their propagation should unfortunately increase over the coming years as is it linked to the massive mangrove destruction in Latin America and global warming, illustrating the consequences of deforestations and uncontrolled urbanisations.

Sourire au Monde

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