La transatlantique – Partie 3

Article translated in English below 🙂

L’Ambiance

Une traversĂ©e de l’Atlantique n’est en soi pas difficile techniquement. Le challenge rĂ©side dans le cĂŽtĂ© humain et la cohabitation avec d’autres personnes dans un espace de vie qui se rĂ©duit Ă  moins de 30 mĂštres carrĂ©s. En effet, dans un endroit restreint, coupĂ© de tout, le challenge est important, des affinitĂ©s se crĂ©er et des tensions Ă©galement. Mais est-ce le fait d’avoir appris Ă  mieux se connaĂźtre aprĂšs 3 mois ensemble ou est-ce la prĂ©sence d’Anna ( une femme Ă  bord) qui Ă  poussĂ© Ă  faire Ă©clater des tensions ?

Pourtant trĂšs discret sur notre relation (pas de couple Ă  la base et nous ne souhaitions aucunement perturber la dynamique du bateau) l’un des compagnons ne semble pourtant ne pas apprĂ©cier notre rapprochement. Malheureusement, ce compagnon n’est autre que le Capitaine, Ă  qui le rĂŽle de mĂ©diateur est souvent associĂ© afin de coordonner et non diviser son Ă©quipe ! AprĂšs 4 premiers jours d’humeur grincheuse de sa part, s’en suit des journĂ©es interminables oĂč l’ambiance se dĂ©grade avec le troisiĂšme larron qui n’adresse malheureusement plus la parole Ă  Matthieu, l’exclut des seules manƓuvres que nous ferons et en vient mĂȘme Ă  le congratuler du mot de Cambronne, Ă  2 jours de la Barbade; lorsqu’il dort sur le pont pour aider Anna Ă  partager les quarts de nuit par manque de sommeil. Des moments parfois difficile Ă  assumer, et dans lesquels nous ne pouvions accepter d’ĂȘtre pris Ă  parti de façon passive agressive sans raison valable ! Heureusement, nous parvenons Ă  prendre du recul et finalement rigoler de cette situation. Notre passĂ© nous aidant, l’un comme l’autre, Ă  devenir trĂšs patients face Ă  ce genre de situation. La musique et les podcasts nous permettant de nous changer rapidement les idĂ©es et nous Ă©vaser.  Notre but Ă©tant de ne jamais craquer et donner raison Ă  l’autre bord, n’attendant que cela pour dĂ©fouler ses nerfs ou voir mĂȘme nous jeter Ă  l’eau. Faisons part de quelques exemples pour en « Sourire » :

– S’en suit un jeu du chat et de la souris le soir. FutĂ©s Ă©galement, nous parvenions toujours Ă  grappiller quelques instants malgrĂ© le fait que capitaine soit Ă  nos trousses. Tel un enfant jouant Ă  cache cache, Ă  peine sommes-nous allĂ©s nous coucher, Anna dans sa cabine, et Matthieu dans la carrĂ©e, que ce dernier entame sa ronde de surveillant de dortoir pendant une vingtaine de minutes…sans jamais trop trouver ce qu’il cherchait ….

– Comment ne pas mentionner son mutisme total alors que Matthieu ne cherche que la sympathie et partager les conversation avec lui et Gerald. Plus les jours passent, plus il l’ignore jusqu’ Ă  devenir  un fantĂŽme Ă  son Ă©gard. Les seules interactions rĂ©sident malheureusement que dans ses reproches sur sa cuisine et la vaisselle. Nous ne sommes pas des cordon bleu, certes, mais n’abusons pas ! Sans tes matelots, ton estomac n’aurait connu que de la semoule et des sardines ! Oh combien de capitaines auraient Ă©tĂ© heureux de dĂ©guster nos petits dĂ©jeuner Ă©cossais, pizzas maisons, crĂȘpes et pain frais au milieu de l’ocĂ©an ? Sans qu’aucun des moussaillons ne bronche Ă  chaque remarque reçue ?

– Chacun a ses raisons de voyager. Nous, 3 moussaillons, partions pour dĂ©couvrir et apprendre, Capitaine partait malheureusement pour fuir. Cela expliquerai certainement beaucoup de paroles dĂ©sagrĂ©ables, un refus de voir le cĂŽtĂ© positif et des plans changeant sans cesse : « entre se rendre Ă  la Barbade ou non, redescendre au sud ou repartir en Afrique,  Tout ces endroits ne sont que « de la m**** de toute façon » selon ses termes. Entre indiffĂ©rences et aigreurs, les sentiments sont palpables.

Et oui, l’ambiance est la clĂ© d’une transatlantique rĂ©ussie ! et il nous a Ă©tĂ© juste fort dommage d’en avoir Ă  payer le prix en cĂŽtoyant une personne jalouse, erratique et ne possĂ©dant que peu le sens des rĂ©alitĂ©s. Une situation nous rendant triste Ă  la fois, puisque nous apprĂ©cions cette homme au grand cƓur mais le voyions se ruiner sa propre traversĂ©e !

Nous pensions sincĂšrement demander une Ă©quivalence en Relations Humaines et Diplomatie pour les compĂ©tences dĂ©veloppĂ©es au milieu de l’OcĂ©an. Cette ambiance a finalement eu raison de nous rapprocher, parvenant Ă  dĂ©velopper une communication non verbale fait de regards et sourires, ou de langage des signes irlandais afin de parfaire notre communication.

 

Les Bruits

Une traversĂ©e se rĂ©sume Ă©galement Ă  l’ensemble des bruits qui nous entourent. Ils sont permanents et les dĂ©crire relĂšverai de l’impossible. Les Ă©quipĂ©es grincent et les cales se mĂȘlent Ă  la symphonie tel un vieux parquet sur le point de se briser sous vos pieds. En arriĂšre-plan, les gilets de sauvetage se balancent le long de l’entrĂ©e en suivant les roulis du bateau et ajoutent un son de percussion aiguë . A l’orchestre, s’accompagnent le hamac Ă  vĂ©gĂ©taux ainsi que les rĂ©cipients Ă  Ă©pices qui dansent Ă  l’unisson. Non loin de ma tĂȘte, le claquement de la table malgrĂ© tout mes efforts pour fixer celle-ci, et la porte des toilettes, qui derriĂšre lui fait concurrence
 Les vagues qui se heurtent au bateau n’est rien en comparaison du ruissellement de l’eau sous la coque qui s’intensifie avec notre vitesse et au bruit de Sourire transperçant la houle sur son chemin. Le vent bien Ă©videmment apporte une touche Ă  cette symphonie : un soufflement qui s’engouffre par l’entrĂ©e de la carrĂ©e et des capots, se faufile entre les haubans ou gonfle plus ou moins intensĂ©ment les voiles. Cet orchestre peu commun, qui n’ouvre ses portes qu’aux navigateurs, n’en finit plus de me faire rĂȘver et de bercer nos nuits.

L’arrivĂ©e

8 jours de navigations entre les Canaries et le Cap Vert, plus 22 jours pour rejoindre la Barbade vient achever cette transatlantique. Un total de 3300 miles (900 + 2400) auxquels viennent s’ajouter les 1100 prĂ©cĂ©dents de Aguilas aux Canaries et la centaine supplĂ©mentaire pour rallier la Martinique ( note : Anna s’est Ă©clatĂ©e ce dernier jour, jouant avec de grosses vagues matinales d’environ 5 m , dĂ©passant par moments la baume et lui faisant prendre une quinzaine de douches salĂ©es au passage. La matelote signa vĂ©ritablement avec l’ocĂ©an ce jour-ci! )

Le compteur de Matthieu affiche 4400 miles et celui-ci d’Anna, environ 3500 miles, pour 3 Ă  4 mois de vie Ă  bord d’un voilier. Le 11 fĂ©vrier signe la fin de l’aventure avec Sourire et le dĂ©but d’une nouvelle aventure
 Ă  deux. 😉

 

 

The Atlantic Crossing – Part 2

Vibes

An Atlantic crossing is not technically difficult. The challenge lies on the human relations and sharing life with other beings in such a small environment that is less than 30 square meters. In this small house, cut from the world, the challenge is big. Affinities arise so as tensions. Is it because we learn to know each others over the last 3 months or is it because Anna is around (woman on board) that bring tensions to arise?

Being discreet about our relationship (no couple before leaving, we do not wish to change the dynamic of the crew), one of our companions does not seem to appreciate the fact that we are getting close. Unfortunately, this companion is our captain, that should have the mediator position and bring is crew closer and not apart! After 4 first days where he is grumpy are followed by endless days where the atmosphere is degrading with him. He doesn’t talk to Matthieu anymore, exclude him from all manoeuvres and come to insult him two days before Barbados as he discovers that we are sharing our night watches as we are exhausted and do not sleep. Some difficult times where it was hard, but we couldn’t accept to be taken on a passive – aggressive way without any reasons! Gratefully, we are able to take a step back and laugh about this situation. Our past helped us to be patient in front of such situations. Music and podcasts helping us to step back and run away in our minds. Our objective being to never break down and give reason to the other part, that is waiting any opportunities to explode and even maybe throw us over board. Let’s have a look at some exemple:

By night, he is hunting us, looking to catch us. But smart enough, we were always able t gain some minutes of intimacy even though the captain was after us. As a kid playing hide and seek, as soon as we were going to sleep, he was getting down and checking everything that could be check for twenty minutes.

How not to mention is total mutism when Matthieu was trying to be nice towards him and Gerald. More the days go by, more he became a ghost to his eyes. The only interaction being unfortunately about complaining on the food and dishes. We are not Master Chef, but still, don’t abuse! Without your crew, your stomach would have only known semoula and sardines! How many captains would have been happy with English breakfast, home made pizza, crepes and fresh bread in the middle of the ocean? Without any crew saying anything while being criticised about their cooking?

We all have our own reasons to travel. For us, 3 crew members willing to discover and learn. Captain unfortunately left to avoid the world. That will explain amount of his negative comments and plans that were changing all the times. All those places being “only bulls**** anyway” according to himself. Between indifference and sourness, feelings are palpable. It was just very unfortunate to have to endure the price to be around someone jealous, erratic and not having any sense of reality anymore. A situation that brought us sadness at the same time, as we appreciate this man and see him throwing out the windows is own Atlantic crossing.

We are considering applying for a Diploma in Diplomacy and Humans Relations for the learnings acquired in the middle of the Ocean. This atmosphere has finally made us becoming closer with Anna, being able to develop a non-verbal communication made of eye contacts, smiles and some Irish Sign Language in order to increase our communication.

 

The noises

An Atlantic crossing is also a lot of noises that surround us. They are constant and describing them is difficult if not impossible. The closets wink and the boxes join this symphony as an old wooden floor about to break down behind your feet. You can hear the life jackets that are floating close to the entrance following the boat movements. They add a sound of percussion and are followed by the spices table located next to them where the spices boxes are dancing together. The vegetable hammock at the top of my head is taking part to the show. Not far from my head, the noise of the table is smashing despite all my efforts to fix it, and the toilet door, located next to it, is making some concurrence
 How not to mention the noises of the elements. The waves that are smashing against the hull, are nothing in contrast to the noises of the water underneath the hull that are increasing accordingly to our speed and the noise of    the waves we break on our path. The wind comes to complete this orchestra by blowing inside the entrance of the boat and windows, without forgetting the sails. This orchestra, that is not common and opens its doors only to sailors ,does not stop to make me dream and helps me to fall asleep each day.

The final mile

8 days salling from Canaries Islands to Cabo Verde, added to 22 days to get to Barbados, achieved this Atlantic crossing. For a total of 3300 nautical miles (900 + 2400) to which is necessary to add the previous 1100 from Aguilas to the Canaries and the 100 more from Barbados to Martinique (note: Anna had a lot of fun on this last day, playing with huge morning waves of about 5m high, going over the cockpit and having for result some unfortunate shower on the way. She definitively signed with the ocean that day! )

Matthieu got to 4500 nautical miles and Anna got to 3500 miles for four and three months on Sourire. The 11th February marks the end of our adventure with Sourire and the beginning of a new one
 at two.

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